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Articles

Mémoires et mémorisation 1

Un mythe s’écroule ! La mémoire visuelle n’existe pas. Zut ! Ni la mémoire auditive, ni la mémoire kinesthésique ? Triple zut ! Moi qui essayais de faire mobiliser les trois à mes apprenants ! Mais alors, quelles mémoires existent ? Faisons le point.   image Adobe Stock Cinq différents types de mémoires   Il n’existe pas une seule mémoire, mais DES mémoires, chacune ayant son fonctionnement et sa temporalité.   La mémoire sémantique C’est un réservoir de savoirs sur le monde et sur soi. En d’autres termes, il s’agit de l’ensemble des connaissances explicites, que l’on peut nommer et déclarer (vocabulaire, concepts, notions, noms) Elle nécessite d’être sollicitée par des consolidations régulières pour une mémorisation à long terme.   La mémoire procédurale C’est le stock des acquis automatiquement réalisables pour produire des gestes routiniers que l’on accomplit sans y penser, « inconsciemment». Ils nécessitent un entraînement intense...

Médiation : du cadre à la classe C1

     Il en est de la médiation en cours de langue comme de la prose de Monsieur Jourdain, nous la pratiquons depuis longtemps sans nous en rendre compte. Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela. Acte II, Scène IV Le Bourgeois gentilhomme , Molière, 1670      Ayant formé pendant 4 ans des traducteurs et interprètes (donc des médiateurs), le concept et ses acceptions en didactique m'interrogent. Qu’entend le CECR par médiation ? Comment "médier des textes" en classe ? Quelques éléments de réponse. Descripteurs pour la médiation générale      La médiation, selon l’édition actualisée du CECR, regroupe un ensemble de compétences et d’activités comprenant à la fois la réception, la production et l’interaction. « Dans la médiation, l’utilisateur/apprenant agit comme un acteur social créant des passerelles et des outils pour ...

Francophonie et planification : portrait d'apprenante

  Troisième portrait inspirant. Aujourd’hui, Paola nous parle de littérature francophone, de cartésianisme français et de bonnes habitudes d’apprenant.     Bonjour Paola, et merci d’avoir accepté de témoigner. Tu peux te présenter en quelques mots ?      Je suis italienne, professeure de langues (italien et anglais) et je travaille aussi comme traductrice et copywriter. J’aime bien voyager, lire, écouter de la musique, je suis passionnée de langues en général, et j’aime bien les gens, ce qui va ensemble. Tu parles couramment l’italien l’anglais, l’espagnol, l’allemand et le français. Quelle place a le français dans ta vie ?      J’ai grandi en parlant anglais et italien. J’ai commencé à étudier en même temps le français et l’allemand au lycée, mais très rapidement, le français a acquis plus d’importance, émotionnellement surtout. Comme je voyageais beaucoup, je rencontrais beaucoup de francophones, donc j’avais plus de relations avec ...

Ludification académique : à côté de la plaque

     Un jour, en France, après des mois de « continuité pédagogique » plus ou moins bien gérée, quelqu’un a pensé que ce serait une bonne idée de donner des médailles en chocolat aux enseignants. Et ne riez pas, il y a eu quelqu’un pour dire «  Oh oui, super idée ! »      Imaginons la scène de la genèse. Quelques fonctionnaires dans une salle, en train de réfléchir : -Bon, alors, il faut faire un geste fort pour les profs, on fait quoi ? Des idées ? -On pourrait leur donner des médailles… -Comme aux infirmières face au COVID ? Non, ils vont dire qu’on se moque d’eux, et qu’on n’a pas d’imagination… -Et si on leur donnait des badges ? -Du budget ? Tu devrais voir une orthophoniste, parce que tu prononces vraiment mal certains mots. -Non, pas du budget ! Des badges ! -Tu veux dire des écussons ? Comme aux scouts ? -Oui ! Mais pas des vrais à coudre sur leurs chemises, hein, des ...

Animer un club de lecture B2

     Pour un prof de langue qui aime la littérature, mener un club de lecture, c’est une chance et un défi. Réflexions et bilan d'une année. Bibliothèque de Binhai, 2017, Tianjin Le niveau      La première question est celle du niveau de langue. Si le conte peut être approprié dès le niveau A2 et si le polar semble plus adapté au niveau B1 (captivant, beaucoup de dialogues, logique d’une enquête, prévisibilité de schémas narratifs et de distribution des rôles…) à partir d’un niveau B2 validé, on dispose d'une bonne marge de manœuvre, et l'on peut donc avoir de l’ambition dans ce qu’on lit. Le roman      La deuxième question est celle du choix des livres, et là aussi, c’est infini ! Nouvelles ? Essais ? Romans ? Reportages ? On a délibérément opté pour le roman, pour ses possibilités multiples. Comme le disait Milan Kundera "la seule raison d'être du roman est de dire ce que seul le roman peut dire." Et plus...